Dossier: Le Cognac et la Dégustation – Partie 1
Tous connaissent la célèbre réponse des normands…. peut-être bien qu'oui, peut-être bien que non…. A la question de savoir s'il existe une différence entre la dégustation du vin et celle d'un Cognac la réponse est de cet ordre.
Pour le vin on préconise une dégustation en fin de matinée, dans un verre blanc de forme adéquate, dans une salle bien éclairée et sans odeur parasite, en silence et en respectant les trois phases sacrées; examen visuel, examen olfactif, et examen gustatif. Rappelons ici la définition de la dégustation proposée par deux éminents professeurs d'œnologie. "goûter avec attention un produit dont on veut apprécier la qualité; c'est le soumettre à nos sens, en particulier ceux du goût et de l'odorat; c'est essayer de le connaître en cherchant ses différents défauts et ses différentes qualités et en les exprimant." Ribéreau-Gayon et Peynaud.
Pour le Cognac ces principes sont également à respecter mais en fonction de la nature de la dégustation; professionnelle, hédonique etc. nous pouvons faire abstraction du contexte physique et de l'heure. La question des odeurs reste fondamentale à une bonne dégustation tout comme l'objectivité qui souffre des divers commentaires émis par les participants.
A Cognac on utilise en général un verre "tulipe" blanc de dimensions modestes pour la dégustation. Point essentiel, l'ouverture est légèrement renfermée par rapport au corps du verre et on retrouvera ce principe dans le verre gradué que les professionnels écossais emploient afin de bien doser les apports d'eau. Ceci permet d'étaler l'arrivée des arômes pendant la dégustation et va malgré tout contre l'emploi du verre ballon à ouverture très large, du moins pour une dégustation qui se veut analytique. Reconnaissons tout de même un certain plaisir très imagé à sentir ce type de verre au creux de la main.
En matière de vin l'examen visuel nous fournit en général bon nombre de renseignements quant au type de vin, son âge et même sa richesse en alcool ou en sucre résiduel. Lorsque nous abordons un Cognac il faut faire preuve de prudence. D'abord l'utilisation parfaitement licite de caramel dans beaucoup de boissons spiritueuses rend aléatoire des informations liées à la couleur du produit. Pour celles vieillies en fût la couleur est également tributaire d'un ensemble de facteurs issu de la fabrication et de l'âge des fûts. En somme un produit plus foncé n'est pas forcément un produit plus vieux et il faut se méfier de robes trop rougeoyantes. Certains dégustateurs de Cognac estiment que la plus grande concentration de composés aromatiques dans les qualités supérieures permet une identification visuelle par le biais des "larmes", j'avoue avoir quelques réticences à cause du teneur en alcool qui crée automatiquement de la viscosité et l'emploi éventuel du sirop de sucre pour arrondir l'ensemble, encore une fois parfaitement licite et très largement pratiqué. Prochaine étape: l'examen olfactif
Glossaire:Emile Peynaud & Jean Ribéreau-Gayon - anciens professeurs de "l'Institut d'œnologie" de Bordeaux
caramel – sucre brûlé utilisé comme colorant
sucre résiduel – sucre du raisin non transformé pendant la fermentation
larmes – traces sur les parois des verres
sirop de sucre – solution incolore de sucre à forte concentration utilisée pour 'adoucir' les spiritueux
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